Jeremy Montigny

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Photo : D Besse

Jeremy Montigny savait que son temps était précieux mais il pris quelques instants pour contempler la vue magnifique qui s’offrait à lui. A ses yeux, ces nuages traversés par ce soleil hivernal représentaient la beauté et les privilèges qui n’appartiennent qu’à ceux qui marchent sur les sommets.

Il aurait pu toucher le ciel en tendant le bras. Son regard bleu acier traversa la vitre de sécurité pour se poser sur le quartier d’affaires de La Défense. Il repensa qu’il avait parcouru sans faiblir chaque étape pour parvenir jusqu’ici, au 57 ème étage de la plus haute tour. A cette altitude tout était possible, il partageait le sort des grands de ce monde et, à ce moment précis, n’avait plus rien à envier aux magnats de la finance internationale et aux stars du show-business.

Dans ce bureau immense, la solitude et le silence lui donnaient une impression de toute puissance, la lumière pale qui provenait de cette masse nuageuse bleutée éclairait son visage à l’expression impénétrable.

Comment ne pas s’émerveiller devant une telle vue, Comment résister à l’attraction des cimes du monde contemporain ? Les pharaons de l’Egypte antique qui contemplaient leur royaume du haut des pyramides n’avaient surement pas ressenti une émotion aussi grande.

Il lui semblait que le temps et l’espace n’étaient plus des dimensions faites pour lui, sa place dans le monde se mesurait à une autre échelle, plus étendue, proche de l’infini.

Abandonnant ses pensées, Jeremy reprit son sérieux, il avait encore de nombreuses taches à accomplir et de nouveaux défis à relever, son temps était précieux. Un court instant il sourit en repensant à ses débuts dans la profession et reprit son matériel, il avait encore toutes les vitres du 56 eme étage à nettoyer.

Bukowsky

Angelo Ruiz-Rivera

Pièce jointe

Photo : A. Smith

« Madre de Dios » jura Angelo Ruiz-Rivera alias El Cobra. Il regarda l’ombre qui glissait dans la nuit rapidement et tout en silence. Comment ce gars avait réussi à faire ça : sauter du deuxième étage de la villa et atterrir sans une égratignure. Avant qu’il ait eu le temps réagir, l’ombre avait disparue dans les rues en contrebas. Pas de doute, le type était un pro, surement un ancien spetnatz des forces spéciales ou un tueur pro.

Angelo se retourna pour regarder le corps de son frère qui flottait dans une mare de sang noir, sa chaine en or avait perdu ses reflets brillants. Trois balles en pleine tête l’avait défiguré et la patte de rat posée près de sa tête signait le coup : la mafia russe avait frappé.

Son regard fit le tour de la pièce décorée avec luxe et un certain mauvais gout qu’il affectionnait particulièrement depuis qu’il avait pris les commandes de son clan. Maintenant, c’était la guerre avec les ruskofs pour le contrôle de la coke dans le sud de la Californie et il n’y aurait pas de négociations, tous les coups seraient permis, le corps de son frère prouvait que les hostilités avaient déjà commencées.

Angelo n’était pas un grand sentimental, il avait déjà perdu plusieurs cousins et pas mal de lieutenants dans cette guerre des gangs, mais là il était furieux, ces salopards avaient franchi la ligne rouge, ils allaient le payer cher. Il avait déjà appris le respect aux Rollin’ 20’s Crips, au Gang de la 28ème rue et les survivants de la bande des Maravillas se comptaient sur les doigts d’une main.

Ces sales chiens allait comprends pourquoi on l’avait surnommé le cobra, ils allaient sentir sa morsure mortelle. Il avait une véritable armée dans la rue et le coup de ce soir ne faisait que renforcer sa détermination à éliminer ces putains d’ours polaires, il leur ferait regretter la banlieue de Moscou qu’ils n’auraient jamais dû quitter.

Immobile dans cette pièce sombre, il repensa au dernier conseil de son frère « Don’t fuck with the russian mob, hermano » et sourit tristement en se disant que le destin des criminels était parfois cruel. Puis, il se releva brusquement, sauvegarda sa partie de GTA VII et se dirigea vers la cuisine, sa mère venait de l’appeler pour le diner.

Bukowsky

Juan Marcos de Las Platas

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Photo : JM Proust

La Mandarina Gloriosa !! Le fruit des dieux, l’aboutissement de toute une vie de planteur de mandarine, Juan Marcos de Las Platas l’avait enfin sous ses yeux, il n’en revenait pas. Il avait parcouru tous les marchés de l’hémisphère sud de La Paz à Djakarta en passant par Bornéo, à la recherche de ce fruit que les mystiques incas avaient appelé « Les yeux incandescents de Quetzalcóatl« .

Apres ces longues années de quête, ses doutes et incertitudes avaient maintenant disparu. Il regarda une nouvelle fois le précieux fruit aux reflets dorés et risqua quelques photos avec son portable, ce moment devait être immortalisé. Le marchand lui en remit quelques kilos contre une somme dérisoire, inconscient de la valeur inestimable de ces mandarines merveilleuses.

En saisissant le sac en papier que le marchand lui remit, Juan sentit que sa vie allait prendre un nouveau tournant. Il se dit en lui-même « Gloire, richesse et prospérité pour la famille Las Platas !! » Puis il s’en fut d’un pas leste et souple vers son destin, un sourire de triomphe illuminait son visage. (Extrait de « La fortune de Juan Marcos de Las platas ou l’empire secret de la mandarine« ).

Bukowsky

James Woodland

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Photo : S Laillot

James Woodland se regarda une nouvelle fois dans le miroir avec un sourire satisfait : les inspecteurs du FBI et de la DEA ne risquaient pas de le reconnaitre avec ce visage-là. 4 mois de cavale et de planque au fin fond du Minnesota avaient profondément changé son aspect physique.

Avec son nouveau look il avait tout d’un bucheron canadien débarqué du grand nord et personne ne le reconnaitrait à son retour à New-York, même pas ses collègues night-clubers. Sa plus grande crainte était d’être arrêté pour vagabondage mais avec les millions de son dernier coup c’était un risque qu’il pouvait se permettre.

Dans quelques jours il serait à La Havane, il serait toujours temps d’aller se faire un coupe décente chez le coiffeur. Une fois de plus, James songea à ses lunettes de bobo parisien et sourit en pensant que l’inspecteur MacMerman mettrait des mois pour comprendre son art du camouflage, il avait encore une longueur d’avance…

Bukowsky

Roland Stringer

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Photo : F Bozzi

Roland Stringer posa son regard sur le sable de ce désert de Namibie qu’il avait tant aimé, son visage buriné reflétait la dureté des épreuves qu’il avait traversées ici même, lui que ses collègues aventuriers et casse-cou en tout genre avaient surnommé « l’acharné ».

En 1993, lorsqu’il avait tenté le pari de traverser 2300 km de sable brûlant en skate-board, tout le monde avait rit lorsqu’il était revenu 25 min après son départ avec une roue cassée. Bon, ça peut arriver aux meilleurs d’oublier de prendre des roues de rechange, après tout Roland n’avait jamais vraiment aimé la partie préparation des grandes aventures, son truc c’était la ténacité pas les longs préparatifs.

Dès 1998, après avoir réussi à vivre 14 mois en mangeant uniquement des kinder bueno, il avait retrouvé cette confiance inébranlable qui l’avait toujours caractérisé. Il se consacra entièrement à son nouveau défi : la traversée de l’océan indien avec un radeau confectionné en pots de yaourts Mamie Nova. L’expédition fut malheureusement un échec, et il dut faire demi-tour après avoir heurté planche à voile à 200 m de la ligne de départ, alors que son embarcation commençait à couler.

Mais, Stringer avait de la ressource, armé de son courage intrépide il décida de préparer une expédition au pôle nord avec un traineau tiré par des ragondins musqués du Pérou. Cette fois-ci, la fortune et le succès seraient au rendez-vous, le monde entier comprendrait enfin le sens de ses prouesses, la portée colossale de son oeuvre et il se surprit à imaginer le moment où l’humanité toute entière le porterait en triomphe.

En son for intérieur, Roland le savait, son destin devait s’accomplir, il n’abandonnerait jamais. Ce n’est pas pour rien qu’on l’avait surnommé « l’acharné ». Il remonta le col de sa veste fétiche et fit quelques pas, un léger sourire au coin des lèvres, il allait leur montrer de quoi il était capable, parole de Stringer !

Bukowsky