
– Le voilà, ce petit salopard – se dit Yorg Klomig, le chasseur de primes le plus redouté de tout le système interplanétaire. Son écran réflecteur lui avait permis de s’approcher suffisamment près pour regarder la proie qu’il avait traquée à travers 4 galaxies et d’innombrables systèmes solaires. Son client n’était autre que l’immonde k’yaahrnak, un avaleur d’âme échappé de la planète-prison de l’Alliance Fédérale Stellaire.
D’après ses informateurs vénusiens, cette sinistre crapule avait réussi à prendre l’apparence inoffensive d’un gypaète à tête noire, un sympathique volatil qu’on trouvait en Amérique du sud.
Sous cette forme, il était insoupçonnable : personne ne pouvait se douter qu’il s’agissait d’un criminel monstrueux dont les victimes se comptaient par centaines. Il n’avait pas hésité à désintégrer toute une colonie dans le secteur de Proxima du Centaure uniquement pour couvrir sa fuite après un braquage.
Ses exactions en tout genre auraient fait passer la plupart des truands intergalactiques pour des enfants de chœur. On ne comptait plus les chasseurs de prime qui avaient commis l’erreur mortelle de le sous-estimer.
Yorg savait que c’était une très grosse prise, la récompense pour sa capture était de 300 000 yombiz, une vraie fortune. C’était peut-être son dernier fugitif mais pas le moins dangereux.
Il reprit son souffle, resserra sa prise sur son désintégrateur plasmique et, d’un coup, bondit devant l’abominable k’yaarhnak en criant – Ne bouge plus !! –.
La créature regarda Yorg avec ses yeux sombres et impénétrables, sans prononcer le moindre mot… Yorg resta sur ses gardes, il s’agissait peut-être d’une ruse fourbe dont les avaleurs d’âme avaient le secret.
Le temps se figea, aucun des deux protagonistes ne faisait le moindre mouvement, une goutte de sueur parcourut le front mat du chasseur de prime.
Soudain, l’animal esquissa un mouvement pour s’envoler et Yorg fit feu avec la vitesse de l’éclaire, emprisonnant l’infâme criminel dans un nuage ionique.
Il s’approcha lentement et sortit son identificateur qui lui révéla qu’il ne s’agissait pas du monstrueux k’yaarhnak mais d’un simple oiseau migrateur terrien. On lui avait donné de mauvaises informations, il fallait tout recommencer.
Yorg libera l’oiseau, rengaina son arme et sourit en pensant que les informateurs vénusiens n’étaient plus aussi fiables qu’autrefois. Il cliqua sur son téléporteur miniaturisé et se volatilisa.
Bukowsky
